Je lance un nouveau concept. L'auto-interview : je me pose des questions et j'y réponds.

Désolé pour les journalistes, c'est une sorte d'ubérisation du journalisme — c'est la tendance du moment dans tous les secteurs. L'auto-interview peut être une clone-interview, c'est-à-dire des réponses à des questions posées par un journaliste à une autre personne.

Pour cette première, j'ai repris les questions posées à la communauté par Frédéric Boisdron, rédacteur en chef chez Planète Robots. Existe-t-il un copyright des questions ? J'espère que Frédéric Boisdron ne m'en voudra pas.

Le robot va-t-il voler mon emploi ?

Non, il va faire les boulots de m… qui dévalorisaient l'homme et auxquels l'éducation moderne, pensée au moment de l'ère industrielle, nous formate.

L'éducation doit maintenant entièrement revoir ce formatage pour créer des générations de travailleurs utiles, non plus à une industrie robotisée mais dédiés à la transition écologique, l'aide sociale et les services régaliens.

Que vais-je faire de mon temps si le robot fait tout à ma place ?

« L'intelligence est ce que le robot ne sait pas encore faire. »

Alors tu feras des métiers plus intelligents.

À quand des robots militaires autonomes ?

Quand le robot militaire saura choisir, en quelques millisecondes, qui tuer entre une petite fille avec une ceinture d'explosifs qui court vers lui, et un drone à sa verticale en passe de lâcher une bombe.

Le robot va-t-il vouloir se débarrasser de son créateur, l'humain ?

Aucune société au monde ne travaillera ces aspects comportementaux tant qu'il n'y a pas d'utilité commerciale. Cet aspect est le plus complexe et absolument inutile pour faire des voitures autonomes, des systèmes de surveillance et même des robots militaires.

Le seul secteur industriel (que je connais bien) où il y a vraiment de la R&D dans le domaine comportemental est l'entertainment. Donc si un jour Terminator doit exister, ce sera la création d'une société du secteur du jouet.

Peut-on imaginer un jour une vie artificielle ?

Quand je faisais du jeu vidéo avec Hervé Lange, nous expliquions toujours à nos équipes que nous ne faisions pas de l'intelligence artificielle mais de la vie artificielle, car nous simulions des comportements.

Nous faisions en réalité des « effets spéciaux comportementaux » qui font croire aux humains à une forme d'intelligence. Mais les systèmes appelés aujourd'hui Machine Learning ou Deep Learning sont parfaitement crétins.

L'IA d'aujourd'hui reconnaît un chat dans une image sans l'avoir « en mémoire émotionnelle », sans l'avoir conceptualisé. Voilà un paradoxe qui vous donne une idée de l'état de l'art.

Pour moi, la vie artificielle devrait être le mot utilisé en ce moment plutôt que l'IA, qui est beaucoup plus complexe.

Au-delà, il y a la conscience artificielle. Mais sur ce point, étant donné que la physique moderne tend à prouver que le mental est notre cerveau et que la conscience est hors de notre soi, on va avoir beaucoup de difficulté.

Si notre intelligence collective, en connexion avec cette conscience collective « hors-sol », nous guide vers la solution, il y a un espoir.

Le robot nous survivra-t-il ?

Le robot va augmenter nos capacités. Il sera en symbiose avec nous et présent dans l'environnement ambiant avec plus ou moins de discrétion. Nous n'y penserons plus.

Comme l'électricité, Internet, l'eau courante. Rien de plus. .//.